Courses à cheveux

42,195 kilomètres de foulées parisiennes

Il est 8h45 ce dimanche 3 avril 2016. Montres aux poignets, casquettes sur les têtes, baskets aux pieds, nous y sommes. Le soleil brille sur la belle avenue des Champs-Elysées, les 56 999 participants, mon petit tee-shirt Coup de peigne et moi sommes prêts à prendre le départ. Destination : Paris pour 42,195 kilomètres de foulées parisiennes.

40ème édition du Schneider Electric Marathon de Paris

Dans la foule, les sourires sont nombreux, les cheveux sont déjà bien humides par la chaleur, les dossards sont fortement attachés aux maillots et la tension est à son comble.

Plus que 20 minutes au compteur. Les runners sont prêts à embarquer sur la folle planète du 40ème Schneider Electric Marathon de Paris. La musique raisonne dans la tête de chacun, les départs des différents SAS se suivent, le « rêve » devient enfin réalité.

 40ème édition du Schneider Electric Marathon

Seul(e) ou en équipe, le plaisir est partagé et l’émotion est d’une telle intensité. Les regards, les applaudissements, les cris sur les côtés se multiplient à chaque foulée. Transportés par la foule, amateurs ou confirmés dévalent les rues dans une ambiance légère et incroyable.

 40ème édition du Schneider Electric Marathon  40ème édition du Schneider Electric Marathon

Les kilomètres s’enchaînent, l’allure est régulière mais certains sont déjà arrêtés sur le bas côté. Les douleurs commencent à se manifester. La traversée sera longue pour ces quelques têtes décoiffées mais il n’est pas l’heure de se déconcentrer.

Dans la tête, les idées se bousculent et les images des entraînements passés défilent au rythme de la musique. Le temps de passage des cinq premiers kilomètres est bien respecté mais il faudra ralentir la cadence pour en garder sous la semelle.

A la volée, nous attrapons boissons et « gourmandises » pour atteindre le prochain palier : 10 kilomètres. Objectif 55 minutes à la montre. Le temps est radieux, le souffle est bon et les sourires sont toujours aussi nombreux.

Au 7ème kilomètre, le nom Coup de peigne est prononcé ! Ne nous enflammons pas, les proches ont simplement endossé la casquette des supporters du dimanche matin pour transmettre toute leur énergie. Il en faudra pour atteindre le chiffre 10. Timing au poil.

40ème édition du Schneider Electric Marathon de Paris

Les runners avancent et parcourent cette longue ligne droite, en essayant de se frayer un chemin heureux. Les kilomètres défilent et l’allure est toujours aussi régulière à la montre. On y va tous ensemble, vers cet ultime objectif et surtout pour le plaisir de courir.

Le 10ème kilomètre est là, nous attend pendant que la foule s’exclame sur le côté. Les enfants nous regardent, nous tapent dans la main comme si nous étions de véritables champions olympiques. Non, pas vraiment en fait. Nous ne sommes qu’une poignée de personnes avec un grain de folie dans la tête qui ont décidé d’arpenter les rues parisiennes un doux dimanche d’avril.

Le parcours est toujours aussi roulant, rapide et agréable. Nous sommes proches du 3ème objectif : 15 kilomètres. On y va, on s’encourage les uns des autres, on serre les poings et on s’accroche ! La route est encore longue.

Les ravitaillements sont nombreux, bien orchestrés et vraiment essentiels surtout à l’approche du semi coiffé. Progressivement, nous savourons la première partie du parcours qui s’est déroulée dans la joie et la bonne humeur. Le mental est solide et la tresse tient bien la route.

Du 20 au 30ème kilomètre

A mi-chemin, les sensations sont toujours aussi bonnes et le corps ne souffre pas pour le moment. L’allure est bien respectée et les réserves ne sont pas encore épuisées. Tout va bien. Dans la tête de nombreux coureurs coiffés, les questions se multiplient et certains commencent même à marcher ou à s’arrêter le long des quais. Le parcours est somptueux mais en profitons-nous réellement ?

40ème édition du Schneider Electric Marathon de Paris

Paris, sous les tunnels

Cachés sous les tunnels parisiens, nous profitons très peu du paysage urbain. Nous sommes tous concentrés sur nos pas, notre souffle et notre temps. Même si la musique est intense dans les oreilles, elle devient progressivement un bruit de fond.

Mais à quoi pensons-nous réellement si nous ne l’écoutons plus ?

40ème édition du Schneider Electric Marathon de Paris

Certains répondraient : « à rien ». D’autres vous diraient : « Je pense uniquement à passer chaque kilomètre, à m’hydrater, à me nourrir et à franchir  la ligne d’arrivée en bon état ». Au bout d’un moment, les idées ne sont plus très claires et les mouvements du corps deviennent automatiques.

Les tunnels sont longs et interminables. Il fait chaud à l’intérieur mais les encouragements de la foule à l’extérieur nous aident à surmonter cette partie du parcours. On tient bon, la Tour Eiffel est proche dans notre champ de vision.

Du 25ème au 30ème kilomètre, l’allure commence à baisser d’une quinzaine de secondes. Rien d’alarmant mais il faudra courir après le temps sur les prochains kilomètres qui seront malheureusement plus difficiles. Les jambes avancent mais les douleurs apparaissent progressivement…

30 kilomètres, Paris n’a pas dit son dernier mot

Quand on nous parle du fameux mur des 30 kilomètres, il est bien réel pour certains, pour d’autres un peu moins. Tout dépend finalement de notre forme physique ou de notre état psychique à ce moment là. Chaque corps est différent, chaque tête n’est pas coiffée de la même manière.

Au 35ème kilomètre, les coureurs se jettent sur les ravitaillements, la foule lève la voix et les roulements de tambour sont de plus en plus intenses. Progressivement, nous approchons le bois de Boulogne, un terrain de jeu familier pour une poignée d’entre nous.

Les jambes sont lourdes, les douleurs dans le dos se multiplient et le cou est bien raide. Les exercices répétés à l’entraînement ne suffisent pas pour vaincre les derniers kilomètres. Chaque runner se demande pourquoi il s’inflige cette épreuve mais il continue, nous continuons tous ensemble à avancer dans la même direction.

Du 38ème au 40ème kilomètre

Au 38ème kilomètre, certains coureurs accélèrent le pas alors que d’autres ralentissent et finissent par marcher. La musique s’arrête et on n’entend plus que le bruit sourd des foulées sur le chemin traversé. Allons-nous y arriver ? 4 kilomètres, c’est quoi finalement ? Une distance longuement répétée en entraînement nous ferait-elle peur ?

On oublie le chronomètre, on ne pense qu’à une seule chose : aller au bout de cette aventure.

42 kilomètres, nous y sommes presque

Encore un ou deux virages et l’épreuve sera enfin terminée. L’émotion est de plus en plus intense et l’envie d’accélérer sur les derniers mètres se fait naturellement. Chaque coureur retrace le parcours dans sa tête, ceux qui ont pris la route pour 2, 3, 4, 5 heures plus tôt. On aperçoit la ligne d’arrivée, la foule autour et les photographes qui capturent les derniers instants de notre voyage. Le sourire sur le visage apparaît progressivement, ca y’est, nous l’avons fait tous ensemble, nous sommes bien arrivés sur notre planète, je suis FINISHER.

Marathon de Paris 2016

Marathon de Paris 2016

Le marathon, un souvenir mémorable

« Après avoir réalisé le marathon des Alpes Maritimes deux ans plus tôt (compte-rendu de course ici), j’ai rechaussé mes baskets une seconde fois mais cette fois-ci,pour la planète verte du Schneider Electric Marathon de Paris. 3 mois d’entraînements intensifs m’ont permis de réaliser cette épreuve dans des conditions idéales. Un parcours somptueux et des supporters en or de loin ou de près qui ont été d’un réel soutien. Merci à eux et mention spéciale à une personne qui se reconnaîtra pour son coaching et accompagnement dans les dix derniers kilomètres. 4h06 et des poussières de course. Encore du travail pour atteindre les objectifs fixés et passer un peu moins de temps à écouter la musique sur le parcours. 🙂 Mais comme dirait Lénine, « là où il y a une volonté, il y a un chemin » alors ne lâchons rien ! Vivons la vie avec intensité. »

Coup de peigne, entre cheveu, running et autres fantaisies

Sur Coup de peigne, on parle bien entendu de coiffure mais on la replace aussi dans son contexte. Ici, un peu plus sportif, un peu plus running. Une fois de plus, j’ai adopté la tresse basse avec une casquette et je n’en suis pas mécontente. Elle a tenu la longue route. Alors Mesdemoiselles, si vous passez par ici, adoptez-là ! Sinon, je vous recommande quelques petites coiffures sympas pour affronter vos sorties sportives d’hiver (à découvrir par ici).

Et vous, quel est votre ressenti après 42,195 kilomètres de foulées coiffées ?

6 comments

  1. J’aime beaucoup lire tes comptes-rendus de courses ma petite Pauline ! Encore félicitations pour ce défi relevé haut la main, j’admire ! Et ça me donne envie de rechausser vite mes baskets… Dans quelques mois 😉 des bisous

    1. Merci ma belle Soraya 🙂 Dans quelques mois, tu pourras de nouveau rechausser tes baskets et en prime, accompagnement poussette ! Héhé ! Le top ! Plein de bisous.

  2. Superbe marathon parisien et bravo à toutes celles et ceux qui ont franchi la ligne d arrivée.Un grand coup de chapeau à coup de peigne qui en a coiffé quelques uns sur le poteau……..C est la tresse qui a déstressée…..

    1. Exactement ! Elle battait la mesure comme un métronome… 🙂
      Merci aux grands supporters en or…

  3. Genialissime reportage ! Bravo pour ta performance 42km et des poussières sans un seul frisotti, quel efficace coup de peigne ! 😉

    1. Hi ! Merciii Magali ! 🙂
      Une sacrée expérience bien tressée !!

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